Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 13:01

Ouvrons nous à présent à de nouveaux horizons : désormais, je posterai aussi des articles sur les films que j'ai vu. Commençons donc avec une comédie de science-fiction aux accents très british...

 

Paul-Movie-Poster.jpgSynopsis (source Allociné)

 "Depuis 60 ans, Paul, un extraterrestre, vit sur terre et collabore avec le gouvernement américain. Il se cache à l'abri des regards dans une base militaire ultra secrète... Paul est à l'origine de tout ce qu’on a pu imaginer sur les extraterrestres, du merchandising aux scénarios de Rencontres du troisième type , E.T. ou encore X Files. Hélas pour lui, maintenant que le gouvernement américain lui a soutiré toutes les informations intéressantes sur la vie extraterrestre, il décide de se débarrasser de lui. Paul réussit alors à s'échapper et tombe nez à nez avec deux adolescents attardés fans de science-fiction qui sillonnent les États-Unis en camping car. Paul les convainc de l'emmener avec eux et de l'aider à quitter la terre. La tâche s’avère d'autant plus difficile pour nos deux "héros du dimanche" qui sont poursuivis par un flic implacable assisté de deux pieds nickelés du FBI..."

 

La science-fiction est un des genres qui a le plus marqué l'histoire du cinéma et de la télévision de ces cinquantes dernières années : de E.T à Star Wars, en passant par V et Battlestar Galactica, ce genre, souvent moqué et/ou ignoré par la critique, est pourtant une source intarrissable d'histoires, d'aventures et d'oeuvres cultes.

 

Désireux de lui rendre hommage - à leur manière - les deux joyeux lurons responsables de "Shawn of the Dead", et "Hot Fuzz" nous livrent avec Paul une bonne tranche de rigolade.

Eh oui, les deux compères ont été repérés par les studios hollywoodiens, fleurant le bon coup, et ils mettent tout leur talent au service d'une comédie grincante et tendre à la fois.

 

L'histoire suit donc deux geeks débarqués du vieux continent, venus visiter le cultissime Comic-Con, sorte de Mecque accueillant en Californie tout ce que le monde compte de fan de SF et de Fantasy. Après avoir rencontré leur idole (auteur de SF dont les livres portent tous des titres plus improbables les uns que les autres), ils s'embarquent dans un camping car pour un road-trip à destination de tous les hauts lieux de l'Ufologie US. 

 

C'est là que, suite à un concours de circonstances, ils embarquent un bien étrange passager : Paul, 1,50 mètres, alien fraichement échappé d'une base secrète gouvernementale et désireux de rentrer chez lui.

 

Le film devient alors l'occasion d'un inventaire impressionnant (et hilarant) de tout ce qui fait la culture geek actuelle, sans jamais réellement se prendre au sérieux. 

Mais là ou des films parodiques comme Scary Movie(s) et ses déclinaisons se vautrent dans le scato, le gras, et l'humour adolescent, "Paul" nous propose son lot de répliques bien senties ("It's probing time") et de références sans jamais prendre le spectateur pour un crétin.

 

Les fans de SF seront aux anges, les autres peut être un peu largués tant le nombre de références est impressionnant. Le scénario, quant à lui, est relativement léger et très linéaire, mais il n'en sert que mieux les gags imaginés par Simon Pegg et Nick Frost. La réalisation et les moyens (effets spéciaux en particuliers) déployés achèvent de faire de "Paul" un divertissement idéal pour une soirée tranquille.

 

"Paul" n'est donc pas un chef d'oeuvre incontournable, mais il est la synthèse hilarante des dernières décénies SF, auquelle il s'attaque avec une tendresse énorme. A voir, entre potes, ou juste pour se détendre, et surtout, sans se prendre la tête !

 


Par Damien - Publié dans : Science Fiction
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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 17:02

Après une longue absence, propice à des voyages personnels, voilà de nouveaux voyages littéraires. Nous partons une nouvelle fois en Australie, région du monde pour laquelle je nourris une étrange fascination.

 

colombe.jpg

"Entre collines rouillées et plaines brûlées, la communauté aborigène de Moonlight Downs est un monde sauvage et magique où rituels et traditions rythment la vie... et la mort. C'est là qu'Emily Tempest, fille d'une aborigène et d'un chercheur d'or, a passé son enfance, et c'est là qu'elle revient après de longues années d'errance à travers le monde. Mais à peine est-elle arrivée que la violence se déchaîne. Le leader de la communauté est assassiné, le principal suspect, un sorcier complètement allumé, a disparu dans le bush et la communauté se disperse aussitôt. Emily échoue alors à Bluebush, un trou perdu et crasseux où règnent les tensions raciales et les cafards, peuplé de mineurs et d'ivrognes, décidée à retouver l'assassin de son vieil ami..."

 

Je dois admettre qu'en lisant ce quatrième de couverture, j'ai pensé immédiatement à "Cul de Sac", roman totalement délirant qui me hante depuis très longtemps. L'idée de retrouver une communauté d'allumés version "Cul de Sac" m'a, à elle seule, poussé à ouvrir ce livre.

 

 

En parcourant la biographie de l'auteur, Adrian Hyland, on se rend vite compte que le bonhomme connait son sujet : il a travaillé pendant longtemps avec des aborigènes, et enseigne désormais dans une université de Melbourne.

 

Hyland nous fait découvrir une communauté fictive, mais intègre celle-ci dans le contexte d'une Australie très actuelle, dans laquelle Blancs et Aborigènes tentent de cohabiter : les premiers essayant vaguement d'intégrer la culture aborigène dans la société moderne et se forcant à réparer les dégats de la première vague de colonisation Européenne et ses conséquences (pour résumer, les aborigènes n'avaient aucun droit, et nombreuses sont les communautés à avoir été spoilées par les colons et leur descendants); les seconds luttant pour conserver leur identité et leurs traditions dans un univers mondialisé et cynique.

 

C'est dans ce contexte de bout du monde, quelque part sur des terres calcinées par le soleil, que le leader de la communauté de Moonlight Downs est retrouvé assassiné. La jeune Emily Tempest, jeune femme rebelle revenant de plusieurs années d'un roadtrip sans but autour du monde, assiste alors à l'implosion d'une communauté dont le seul ciment était son leader charismatique.

Elle décide alors de mener l'enquête afin de venger son vieil ami et père de coeur.

 

L'originalité de ce roman ne se situe clairement pas dans son intrigue, plutôt convenue, même si elle est bien foutue et bien menée. 

Elle ne se situe pas non plus dans les personnages, tous assez stéréotypés et - même si certains sont haut en couleurs - parfois un peu fades. Leur psychologie est globalement assez sommaire, seulement définie par des traits grossiers. On pourrait presque dire qu'ils sont à l'image de cet environnement : durs, grossiers, mais terriblement resistants.

 

Non, Hyland utilise de toute évidence ces stéréotypes pour mettre en scène une critique au vitriol de l'Australie contemporaine et de la manière dont elle traite les communautés aborigènes : le roman nous montre clairement que le gouvernement australien, contraint de s'accomoder des aborigènes, essaie vainement de compenser les injustices du passé en faisant marcher la planche à billets. Cette avalanche de financements devient alors la proie de toute une série de personnes, toutes essayant d'utiliser ou de piétiner la cause de ces communautés : propriétaires terriens en manque d'eau, fonctionnaires gouvernementaux corompus, mineurs... Pendant ce temps, les aborigènes eux mêmes, surnagent dans ce monde dans lequel prospère corruption, violence, alcoolisme et misère.

 

En conclusion, même si la forme est sujette à critiques, Hyland intéresse surtout par le fond en tentant de décrire les problèmes complexes auxquels sont confrontés ces communautés dans l'Australie d'aujourd'hui. Nul doute qu'il ne fait qu'éfleurer le problème, mais son livre est néanmoins riche d'enseignements, et quoi de mieux qu'apprendre en se divertissant ?


 

A bientôt pour un autre voyage...

Par Damien - Publié dans : Australie - Communauté : Chronique de nos lectures
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 21:07

Au fil des pages de ce blog, j'ai voyagé dans des univers surprenants, mystérieux, effrayants parfois. Aujourd'hui, suivez moi dans ce nouveau voyage : bienvenue à Hawksbill Station, il y a un milliard d'années...   

 

cambrien-copie-1.jpg Quatrième de couverture 

"Révolutionnaires de toutes obédiences, arrêtés par un gouvernement trop magnanime pour les condamner à mort, ils ont été déportés. Plus loin que l'Alaska, la Sibérie ou l'Antarctique. Dans le passé. L'ère primaire, le Cambrien. Un milliard d'années avant notre ère. Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps les dépose sans espoir de retour dans un monde où la vie n'a pas encore quitté les océans. Avec les années, ils succombent peu à peu au désespoir et à la folie. Jusqu'à ce que soit déporté parmi eux Lew Hahn qui ne ressemble en rien à un prisonnier politique. Pourquoi a-t-il été condamné ?"

 

Une chose est certaine : Silverberg nous impose ici un cadre des plus originaux : une intrigue se déroulant il y a un milliard d'années, dans un monde où la vie n'est pas encore sortie des océans a le mérite de n'avoir rien de commun avec nos lectures habituelles.

 

Mais dés les premières pages, Silverberg désamorce une première attente : non, les prisonniers de Hawksbill Station ne seront pas confrontés à d'horribles créatures sanguinaires ou à un tueur en série maniaque venu de leur époque. Non, ce roman se veut beaucoup plus subtil, et l'auteur excelle à maîtriser ce sujet : car il faut bien le dire : c'est sacrément casse gueule !

 

"Les déportés du Cambrien" est avant tout l'étude d'un groupe d'homme condamnés à vivre loin de tout ce qu'ils ont connu, sans espoir de retour, et en ayant l'intime conviction d'être les victimes d'un système qu'ils ont toujours combattu. Il s'agit d'homme privés de tout, dont les seuls contacts avec leur époque ne sont que les nouveaux arrivants ou le matériel envoyé de "là-bas" comme autant de bouteilles à la mer. Silverberg étudie se faisant l'enfermement, la prison, même si dans ce cas elle n'est pas matérialisée par des portes d'acier mais par un gouffre infranchissable d'un milliards d'années.

 

Il livre une histoire passionnante sur un groupe de vieux révolutionnaires qui sombrent tous peu à peu dans la folie ou le désespoir, et qui ruminent sur leur vies passées. Depuis la paranoïa, jusqu'à la névrose, il décortique les mécanismes de survie psychologiques d'intellectuels qui n'ont pour seule et unique activités que de pécher les bestioles étranges et apathiques de l'ère cambrienne, ou de s'enfermer dans des obsessions individuelles qui les mènent tous immanquablement à l'autodestruction.

 

Silverberg nous livre aussi avec ce livre un bel hommage à "1984" en nous proposant de découvrir où vont les révolutionnaires qui disparaissent dans les œuvres Horweliennes qui peuplent la SF.

 

Enfin, et c'est la cerise sur le gâteau, les deux dernières pages proposent une mise en abime vertigineuse du reste du roman tel que vu par son personnage principal (ceux qui liront ce roman comprendront le sens de mon propos).

 

Je regrette simplement que ce livre soit trop court; peut être est-ce du aux limitations imposées par un cadre dans lequel il ne peut - presque - rien se passer. Peut être aussi que pour se concentrer sur ces personnages, l'auteur n'aura pas voulu en faire trop dans l'action.

 

Néanmoins, je recommande vivement ce roman à tous les amateurs de SF, mais pas seulement : son sujet est suffisamment large pour intéresser tout le monde, car au final le fond du roman, c'est tout simplement l'injustice, l'enfermement et un zest de folie...

 

Bon voyages à tous...

Par Damien - Publié dans : Science Fiction - Communauté : Temps X
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 12:28

Dans le genre fantasy, auquel J.R.R. Tolkien a donné ses lettres de noblesses, plusieurs séries se démarquent; Les Chroniques de Krondor font partie de celles-ci. J'avais déjà brièvement voyagé dans un univers de la série, puisque "la trilogie de l'empire", déjà chroniquée dans ces pages est un dérivé de Krondor. C'est donc avec plaisir que je suis parti pour Midkemia à la rencontre de Pug et Arutha... 

 

krondor.jpg Quatrième de couverture tome 1 : "Pug, l'apprenti"

"Des forêts côtières du royaume des Iles, Pug l'orphelin vient étudier avec le maître mage Kulgan. Mais bien que son courage lui vaille la reconnaissance de la cour ainsi que le coeur d'une adorable princesse, l'approche traditionnelle de la magie ne le satisfait pas. Pourtant, l'étrange pratique de la magie de Pug changera un g changera un jour à jamais les destinées de deux mondes. Car de sombres entités d'un monde reculé au-delà du temps et de l'espace ont ouvert une faille dans la matière même de la réalité, suscitant à nouveau l'antique affrontement entre les forces de l'Ordre et du Chaos."

 

Quatrième de couverture tome 2 : "Milamber, le mage"

"Le combat que se livrent peuples de Krondor et guerriers tsurani fait rage, la guerre a séparé les amis d'autrefois... Pug, qui porte maintenant le nom de Milamber, va découvrir peu à peu le secret de son pouvoir de magicien. Tomas est devenu un guerrier aussi respecté que craint, car en lui se manifeste une présence dont les elfes savent qu'elle n'appartient plus au monde de Krondor. Le prince Arutha, quant à lui, doit déjouer à la cour les complots visant à déstabiliser le royaume. Bientôt, tous vont devoir s'unir contre un ennemi venu de la nuit des temps..."

 

Quatrième de couverture tome 3 : "Silverthorn"

"La guerre de la faille entre les mondes de Midkemia et Kelewan est terminée. Longue vie au roi Lyam et au prince de Krondor, Arutha, seigneur de l'ouest. Le royaume se prépare à vivre une ère de paix et de prospérité. Mais très loin au nord, une sombre puissance se lève, qui rassemble en ses ténèbres elfes noirs, trolls et gobelins, annonçant l'avènement d'un nouvel âge de chaos. Une terrible prophétie doit bientôt s'accomplir... Mais il faut pour cela qu'un obstacle disparaisse : Arutha doit périr. Une horde d'assassins et de guerriers maléfiques est donc lancée à ses trousses. Accompagne de Jimmy les mains vives et de Laurie le ménestrel, le prince va reprendre la route pour contrer ce péril..."

 

Quatrième de couverture tome 4 : "Ténèbres sur Sethanon"

"La quête du Silverthorn a été couronnée de succès, et la Princesse Anita sauvée. Mais le prince Arutha sait que les forces du mal n'y ont pas dit leur dernier mot : Les faucons de la nuit, une dangereuse guilde d'assassins, sont de retour et rôdent dans les rues de Krondor, tandis qu'au nord l'armée des ténèbres vient de se mettre en marche. Seule la magie pourra peut-être sauver Midkemia des assauts et sortilèges du TERRIBLE nécromant Murmandamus... Pug, Le puissant magicien, et Tomas, le guerrier héritier des seigneurs dragons Valherus, entreprennent alors une quête désespérée. car voici venir l'ennemi, surgi du fond des âges pour reprendre ce qui lui appartenait autrefois..."

 

Généralement toutes les chroniques sur des oeuvres de Fantasy passent par la case "Seigneur des Anneaux".

Il est vrai que la tentation est grande, tant Tolkien a définit le genre, et lui a donné ses codes. Je n'irai pas dans cette direction, car il n'y a pas de raison objective de le faire : pourquoi ne pas comparer systématiquement tous les romans SF au cycle de la Fondation de Asimov...

 

Donc revenons à ce voyage sur le monde de Midkemia. "Krondor" est une série plaisante; elle bénéficie des mêmes qualités et des mêmes défauts que la Trilogie de l'Empire.

 

L'intrigue est plutôt bien menée, même si elle souffre parfois de quelques longueurs. De plus, les tomes 3 et 4 sont parfois un peu redondants.

  La série est peuplée de personnages attachants, tous confrontés à des événements extraordinaires et qui y font face avec courage et honneur; dommage, car on aurait aimé voir des réactions un peu plus tranchées devant de tels événements, depuis la franche réaction de peur ("Courage, fuyons"), jusqu'à la paralysie.

 

Le problème vient du fait que la psychologie des personnages est somme toute trop sommaire pour pouvoir leur donner ce type de réaction. Et la galerie de personnages secondaires qui peuplent l'intrigue rend la lecture de certains passages un peu difficile.

 

Enfin la construction de l'intrigue est très linéaire : les événements atteignent un point a priori inextricable pour finalement s'arranger sur un "twist" plus ou moins bien senti. Assez décevant.

 

En conclusion, "Les chroniques de Krondor" sont un bon divertissement, mais leur construction limite leur intérêt aux réels amateurs du genre (dont je fais parti).

 

J'ai donc fait un beau voyage, mais il me tarde déjà d'atteindre de nouvelles destinations...

Par Damien - Publié dans : Fantasy - Communauté : Chronique de nos lectures
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 22:33

Il y a quelque temps, je suis allé dans un de mes endroits favoris : une bouquinerie à l'ancienne, un lieu débordant de livres du sol au plafond, un lieu dans lequel l'être humain semble complètement exclu tant il faut se contorsionner pour franchir les remparts de recueils. Derrière son comptoir il y a le bouquiniste, petit homme au teint maladif, un puit de science que j'admire depuis notre première rencontre. Je lui demande alors de me conseiller un recueil de Jack London, car je n'en ai malheureusement jamais lu. 

C'est donc sur son invitation que j'ai voyagé aux côtés de Martin Eden...

 

martin-eden.jpeg Quatrième de couverture :

"Martin Eden, le chef-d'œuvre de Jack London passe pour son autobiographie romancée.
Il s'en est défendu, disant que Martin n'était pas socialiste mais individualiste et que son histoire avait été écrite en protestation contre la philosophie de Nietzsche. Il y a plus d'une ressemblance entre l'auteur et le héros : ouvrier devenu romancier célèbre, invité dans les salons, amoureux d'une riche jeune fille qui ne le comprend pas, ex-prolétaire ne se reconnaissant pas dans le prolétariat et qui n'aura jamais sa place chez les bourgeois.
Ressemblance poursuivie jusque dans leur échec et dans leur fin prématurée. Imitant Martin Eden, Jack London s'est suicidé en 1916."

Je pense que je l'ai déjà écrit sur ce blog : la force des plus grands auteurs et de transformer une histoire très simple en livre qui vous hante longtemps après sa lecture. Martin Eden fait parti de cette littérature; ce roman, même s'il se déoule au début du 20e siècle, trouve encore une résonnace dans notre époque moderne.

 

En effet, Jack London y évoque les doutes, les peurs et les démons qui hantent un jeune artiste. Quand ce jeune homme devient finalement écrivain accompli, publié, et riche, il dépeint la futilité de cette réussite, son absurdité aussi (des recueils avant rejetés car mauvais sont désormais réputés être des chef d'oeuvres).

 

Jack London décortique aussi le regard des autres, et se fait méprisant envers ce monde de faux semblants dans lequel les ennemis d'hier se veulent les amis d'aujourd'hui.

 

Le final de ce roman est malheureusement d'une logique implacable, et tout le roman apparait alors comme le récit de la route qui mènera Martin Eden à sa propre destruction, alors qu'il n'était qu'un homme simple à la recherche d'un amour simple.

 

Magistral.

Par Damien - Publié dans : Amériques
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